Talk! #2: Complément d'informations

Dans ma série de vidéos "Talk!", l'épisode 2 concerne la Marche des Fiertés, autrement appelée "Pride". Voici quelques informations supplémentaires sur le contenu et le contexte de cette vidéo.

Si vous n'avez pas encore vu la vidéo, cliquez ici pour la visionner (Youtube)

Ai-je oublié quelque chose ?

Bien évidemment: oui. La vidéo finale dure environs 11 minutes, mais l'enregistrement complet dure quand à lui 32 minutes. Pourquoi cette différence ? Premièrement, j'ai tendance à trop m'étaler quand je parle. Mais là n'est pas la vraie raison de cette diminution. Dans certains passages, je trouvais que certains de mes dires n'étaient pas forcément très corrects, ou alors pas forcément clairs. Un peu dommage quand on essaie de faire passer un message. La vidéo n'ayant pas été préparée à l'avance mais improvisée, beaucoup d'approximations et imprécisions se sont glisées dans la vidéo.

Le fétichisme à la Pride

Lorsque je parle du fétichisme à la pride, j'insiste sur le fait de ne pas trouver ça choquant, et que ça ne devrait pas l'être. En effet, je considère qu'il faut "dé-diaboliser" le fétichisme. Mais d'abord, définissons le fétichisme. Wikipédia nous donne la définition suivante:

Le fétichisme sexuel est une excitation sexuelle causée par un contact visuel et/ou physique d'un objet, d'une partie du corps spécifique ou d'une situation.

Tout en expliquant:

Ce type de fétichisme peut inclure le partialisme (toucher ou visualisation des parties du corps, entre autres seins, fesses, jambes, nombril, mains, nez, joues, narine ou plus communément pieds), un ou plusieurs objets (gants, collants, bottes et chaussures), ou une matière (cuir, vêtement moulant).

C'est pour ça que je dis que tout le monde, même inconsciemment, est fétichiste. En effet, tout le monde à un "petit quelque-chose" qui le "fait bander" pour rester clair. Et ça rentre parfaitement dans la définition du fétichisme. Il ne faut pas voir le fétichisme comme un groupe de monsieurs barbus avec des vêtements en cuir, des grosses moustaches et des gros muscles tatoués (quoique), le fétichisme est beaucoup plus varié que cela. Tout le minde est, au moins un peu, fétichiste. Et heureusement ! Cela fait partie intégrante de la sexualité de tout le monde. L'expression du fétichisme à la Pride est quelque chose de positif car c'est intimement lié à l'acceptation sexuelle.

Le Puppy Play: pas un dangereux toutou ?

Beaucoup on également critiqué la montée d'un jeu de rôle BDSM nommé Puppy Play, ou Pet Play. Il s'agit d'un jeu de rôle de domination où le dominé se comporte, dans la plupart des cas, comme un chiot, et le dominant comme son maître. Certains y voient de la zoophilie, sauf qu'il n'en est rien.

Le principe du Puppy Play n'est pas d'avoir des relations sexuelles avec des animeaux (fort heureusement), mais d'avoir, pour le dominé, une forme de régression sociale et comportementale. On passe d'une vie d'adulte compliquée où il faut réfléchir, se poser, être sérieux... à une vie de chiot, qui agit sans réfléchir pour jouer avec ce qui l'entoure. Le dominant quand à lui, veille à ce que le jeune puppy ne fasse pas de bétises, et lui sert donc plus ou moins de cerveaux. Contraîrement à d'autres jeux de domination, ce dernier est beaucoup moins sexualisé et violent.

Mais quid de la sexualité ? On peut en effet se poser la question: la plupart du temps, les pratiquant du Puppy Play portent des laisses, des masques en forme de tête de chien, un plug anal avec une queue au bout... N'est-ce vraiment pas un cousin de la bestialité ? Et bien non encore une fois: ces accessoires (facultatifs) ne sont pas là pour exciter le maître sexuellement, mais pour aider le puppy à se glisser dans la peau d'un jeune chiot. Ce qui excite les deux partenaires sexuellement n'est pas le vêtement, mais le lien de domination qui se crée entre le Maître et son Puppy. Un lien affectif fort, où le Puppy fait entièrement confiance à son Maître, et où le Maître adore son Puppy comme personne d'autre.

Et le sexe dans tout ça ?

Pour le malheur des croyants de LMPT, je vous informe que presque l'intégralité des photos montrant des hommes en cuir ayant du sexe dans la rue ne proviennent pas de la Pride. Mais de la Folsom Street Fair. Il s'agit d'un évènement fétichiste, sur entrée contrôlée et encadrée. Donc en effet dans ces évènements il y a de l'exhibition mais c'est pas grave: tous ceux qui le voient sont venus pour ça. À la Pride c'est très rare d'assister à de telles scènes. Ça peut arriver, mais c'est strictement interdit et l'Inter-LGBT (association organisatrice de la Pride de Paris) ne tolère aucun écart, pas plus que les CRS présents pour assurer la sécurité de tout le monde. La Pride n'est pas un évènement fait pour ça, tout simplement. Donc si vous voyez des gens ayant une relation sexuelle publique lors d'une marche des fiertés, rapprochez-vous du service de sécurité afin de faire stopper ça de suite.

Les enfants à la Pride

Après avoir parlé de fétichisme: est-ce qu'il est mal de laisser des enfants voir tout ça ? Je vais encore vous répondre: Pas du tout !

Traduction: "Un enfant voyant un [homme en latex] ne va pas le transformer en déviant sexuel Brenda! La censure de qui nous sommes en tant que Queer lors d'un festival de célébration de ce que nous somme reste de la Censure !"

Un fétichisme n'est pas un choix, tout comme n'importe quelle partie de notre sexualité. Montrer que le fétichisme sexuel éxiste permet de montrer une image plus décomplexée de la sexualité, sans qu'elle en devienne "bizarre" ou "dramatique". Cela peut même permettre à certains adolescants découvrant leur sexualité qu'ils ne sont pas seuls à éprouver une certaine attirance pour certaines matières ou certains objets. On peut même diviser les enfants en deux catégories: ceux en âge de comprendre (souvent les ados) et ceux qui ne sont pas en âge de comprendre (les jeunes enfants). Un enfant qui ne comprends pas de quoi il s'agit réellement ne peux pas êre choqué (a part dans le cadre où les fesses sont à l'air, mais ça c'est de l'éducation à rattraper: les tétons et les fesses: c'est pas tabou!), et un enfant qui comprends de quoi il s'agit ne peux pas être choqué, puisqu'il connaît déjà. Il peut se poser des questions, mais il ne sera pas traumatisé.

Et rappelons que les perosnnes en tenues fétichistes ne représentent qu'une petite partie des participants à la Pride. La plupart des participants viennent habillés comme tous les jours. Mais finalement, si on arrêtait tous ensemble de juste se juger et d'avoir peur de l'autre ?